Comment les entreprises canadiennes devraient se préparer à l'avenir changeant de l'ACEUM

L'Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) est le pilier des relations commerciales du Canada avec ses principaux partenaires depuis son entrée en vigueur le 1er juillet 2020. En préservant l'accès en franchise de droits et en modernisant le bloc commercial nord-américain, l'ACEUM a soutenu les exportateurs, les fabricants et les prestataires de services canadiens, créant ainsi une stabilité économique et une prévisibilité dans tous les secteurs.

Mais aujourd'hui, alors que la première révision officielle est prévue pour 2026, les entreprises canadiennes sont de plus en plus dans l'incertitude quant à l'avenir et à ses implications pour les exportations, les droits de douane, les chaînes d'approvisionnement et les investissements.

Voici un guide pratique pour aider les entreprises canadiennes à se préparer stratégiquement à ce qui se passera lorsque l'ACEUM entrera dans cette phase critique.

Comprendre où en est actuellement l'ACEUM

Tout d'abord, il est important de faire la distinction entre les gros titres des médias et la réalité juridique:

  • L'ACEUM restera en vigueur jusqu'en 2036 au moins, à moins que toutes les parties (le Canada, les États-Unis et le Mexique) ne conviennent de le prolonger lors de la révision prévue en 2026.

  • Si les trois pays ne conviennent pas de le prolonger en 2026, l'accord ne disparaîtra pas instantanément. Il fera plutôt l'objet d'examens conjoints annuels, offrant ainsi de multiples occasions de le prolonger avant 2036.

  • Tout pays peut également choisir de se retirer de l'accord moyennant un préavis de six mois, ce qui entraînerait immédiatement une modification des dispositions tarifaires.

Cette structure signifie que l'ACEUM ne disparaîtra pas immédiatement, mais son avenir au-delà de 2026 est incertain, et les entreprises doivent s'adapter.

Comment les entreprises doivent-elles se préparer ?

1. Évaluez votre exposition aux préférences de l'ACEUM

Les entreprises canadiennes devraient commencer par comprendre à quel point elles dépendent des avantages actuellement offerts par l'ACEUM, en particulier l'accès en franchise de droits aux marchés américain et mexicain. Même si l'accord est maintenu, les règles d'origine et les dispositions tarifaires pourraient changer en fonction des résultats de l'examen ou des pressions externes.

Mesures à prendre :

  • Produits et services catalogués expédiés conformément aux règles de l'ACEUM.

  • Vérifier la conformité des marchandises avec l'ACEUM (y compris les classifications tarifaires et les règles d'origine).

  • Travaillez avec un courtier en douane pour prévalider les envois admissibles.

Cette compréhension fondamentale vous permettra de déterminer dans quelle mesure votre entreprise est vulnérable aux éventuelles modifications tarifaires ou aux défis liés à la conformité.

2. Scénario-plan pour des résultats multiples

Comme l'avenir de l'ACEUM est incertain — et non garanti —, les entreprises avisées se préparent à plusieurs scénarios plausibles :

  • Retrait ou résiliation

  • Examens conjoints annuels, aucune prolongation pour l'instant

La création de modèles hypothétiques permet d'assurer la résilience, que l'ACEUM soit maintenu, modifié ou abrogé. Envisagez de modéliser les coûts liés aux droits de douane potentiels, aux imprévus dans la chaîne d'approvisionnement et aux marchés de substitution.

3. Diversifier les marchés et les chaînes d'approvisionnement

Même dans le meilleur des cas, où l'ACEUM reste en vigueur, le commerce mondial devient plus concurrentiel et moins prévisible. De nombreux chefs d'entreprise canadiens font déjà état d'une pause dans les investissements et de coûts supplémentaires liés à l'incertitude tarifaire.

Mesures à prendre :

  • Se développer sur d'autres marchés de libre-échange (par exemple, les pays membres du PTPGP).

  • Explorer les accords bilatéraux avec d'autres pays.

  • Renforcer les relations avec les fournisseurs et les distributeurs hors Amérique du Nord.

Disposer d'options diversifiées réduit les risques en cas de changement des conditions de trading.

4. Participer à des consultations sur les politiques et l'industrie

Les gouvernements sollicitent activement les commentaires des industries.

Mesures à prendre :

  • Participer aux consultations gouvernementales sur la politique commerciale.

  • Rejoignez les associations professionnelles qui soumettent des commentaires.

  • Partager les expériences sur les défis commerciaux et les solutions proposées.

Influencer la politique commerciale dès le début peut façonner les résultats qui affectent les marges de votre entreprise et votre accès au marché.

5. Élaborer une planification stratégique des tarifs et des coûts

Compte tenu du risque tarifaire, notamment des discussions croissantes sur l'application de droits de douane américains même à certains produits auparavant exempts de droits, les entreprises doivent modéliser leur exposition aux droits de douane et l'absorption des coûts.

Mesures à prendre :

  • Mettre à jour les modèles de tarification avec des scénarios tarifaires.

  • Évaluer comment les droits de douane peuvent affecter la compétitivité.

  • Prévoir des stratégies d'atténuation des droits de douane (par exemple, zones franches, ingénierie tarifaire).

Cela permet de protéger de manière proactive la rentabilité en cas de modification des règles commerciales.

Conclusion : préparez-vous à vous adapter

Pour les entreprises canadiennes, la prochaine révision de l'ACEUM n'est pas un événement isolé, mais le début d'un horizon de planification stratégique. Que l'accord soit prolongé, renégocié, révisé chaque année ou qu'il expire à terme, la préparation fera la différence entre stagnation et croissance.

En bref :
✔ Évaluez votre dépendance à l'égard de l'ACEUM.
✔ Prévoyez plusieurs scénarios pour l'avenir.
✔ Diversifiez vos marchés.
✔ Participez aux discussions politiques.
✔ Soumettez les tarifs douaniers et les chaînes d'approvisionnement à des tests de résistance.

En prenant dès aujourd'hui des mesures proactives, les entreprises canadiennes peuvent naviguer dans l'incertitude et l'utiliser comme catalyseur pour une croissance plus intelligente et plus résiliente.

Agissez dès aujourd'hui : n'attendez pas que les changements entrent en vigueur, évaluez dès maintenant votre état de préparation à l'exportation. Notre évaluation de l'état de préparation à l'exportation vous aide à identifier les lacunes, à découvrir les opportunités et à élaborer un plan clair pour naviguer dans l'incertitude des accords commerciaux tels que l'ACEUM.

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